590 av. J.-C. – 490 av. J.-C.
Mathématicien et mystique pour qui le monde est nombre ; il fonde l'idée que l'harmonie musicale est mathématique.
Samos
Pythagore (vers 570–495 av. J.-C.) fonde à Crotone en Grande Grèce une communauté philosophique et religieuse qui place les mathématiques au centre de la compréhension du cosmos. Sa découverte que les intervalles musicaux consonants correspondent à des rapports de nombres entiers simples — l'octave (2:1), la quinte (3:2), la quarte (4:3) — révèle que la réalité physique obéit à des structures mathématiques. Cette intuition fonde deux traditions qui traverseront l'histoire : le mysticisme des nombres (la *numerologia*) et la conviction scientifique que les mathématiques sont le langage de la nature, de Galilée à Einstein.
L'influence de Pythagore sur la culture occidentale est celle d'un mythe fondateur plus que d'un enseignement précis : son œuvre, transmise oralement dans une communauté secrète, n'existe qu'à travers les témoignages indirects de ses disciples. Mais le *pythagorisme* — la conviction que tout est nombre — irrigue l'architecture médiévale des cathédrales, construites selon des proportions musicales ; la théorie des *musiques des sphères* de Kepler, qui cherche les harmonies mathématiques dans les orbites planétaires ; et la physique théorique contemporaine, où l'idée que la réalité ultime est mathématique reste la conviction implicite d'une large partie de la communauté scientifique. En musique, la notation par intervalles et la théorie des modes grecs portent directement son empreinte jusqu'à Bach.
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