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Arts des peuples du Pacifique — statuaire, motifs, mythes — qui nourrissent le primitivisme de Gauguin puis de Picasso.
L'art océanien désigne l'ensemble des pratiques visuelles de la Polynésie, Mélanésie et Micronésie — motifs géométriques, mythes iconographes, statuaire et ornementations sacerdotales qui ont circulé bien avant leur redécouverte européenne. Ces formes n'émergent pas en Occident comme objet d'étude ou d'influence mais comme réalité existante, témoignage d'une culture matérielle autonome et sophistiquée. Leur rencontre avec le regard moderne à la fin du XIXᵉ siècle bouleverse le canon esthétique européen, ouvrant la peinture à des logiques de composition et de figuration radicalement différentes.
Paul Gauguin en Polynésie devient le vecteur pivot de cette transmission : il ne se contente pas de peindre les îles, il puise délibérément dans motifs, mythes et statuaire maoris, assumant une source non-européenne comme propre champ de création. Cette appropriation—créative mais aussi coloniale—contamine l'art moderne à travers des modernistes qui voient en ces formes océaniennes une échappée hors du rationalisme académique. *Les Demoiselles d'Avignon* prolonge cette logique en intégrant la fracture plastique que l'art océanien rend pensable : faces angulaires, simplifications géométriques, hiérarchies échappant à la perspective classique. L'art océanien n'est donc pas un passif influencé, mais une source actire qui redessine les grammaires visuelles du XXᵉ siècle.
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