1908
La compagnie de Diaghilev qui, en vingt ans, réunit la fine fleur de la musique, de la peinture et de la danse — le plus grand carrefour cross-domaine de l'art moderne.
Les Ballets russes de Sergei Diaghilev (1909–1929) constituent l'expérience de collaboration artistique totale la plus intense et la plus féconde du XXe siècle. En vingt ans, la compagnie réunit sur ses scènes les plus grandes créations de la modernité : Stravinsky compose *L'Oiseau de feu*, *Petrouchka* et *Le Sacre du printemps* ; Picasso, Matisse, Braque, Derain et Chanel conçoivent décors et costumes ; Nijinski, Massine et Balanchine chorégraphient ; Cocteau fournit les livrets. Cette convergence unique entre musique d'avant-garde, peinture moderniste et danse nouvelle définit l'esthétique de la modernité européenne en une décennie.
L'héritage des Ballets russes structure la culture artistique du XXe siècle dans plusieurs directions simultanées. George Balanchine, ancien danseur de la compagnie, fonde à New York le New York City Ballet et invente le ballet néoclassique américain. En couture, Chanel, qui habille la compagnie, intègre les couleurs slaves et les broderies orientales dans sa collection de 1922. La musicologie retient *Le Sacre du printemps* comme le Big Bang de la musique contemporaine. En arts plastiques, la collaboration Picasso-Diaghilev légitime la présence du peintre dans l'espace scénique. Les Ballets russes sont le moment où les arts plastiques, la musique, la danse, la mode et la littérature se fondent en une seule expérience esthétique, préfigurant les performances multidisciplinaires du siècle suivant.
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